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Culture

La Valette

La Valette

Promenade dans la vieille ville:

C’est à pied que l’on découvre le mieux La Valette, car ses rues sont étroites et parfois même fermées à la circulation.

Passez d’abord City Gate, cette porte reconstruite dans le style de l’après-guerre, qui relie le rond-point, sur lequel aboutissent tous les autobus de l’île et qu’orne Triton Fountain (fontaine des Tritons), à la ville fortifiée.

Droit devant vous se déroule Republic Street, l’ancienne Kingsway, rue principale devenue piétonnière. Merchants Street, la seconde grande artère, lui est parallèle, du côté droit. Ces deux voies avancent en ligne droite sur près de 1500 mètres, jusqu’au fort Saint-Elme, à l’extrémité de la presqu’île.

Le vieil Opéra classique :
Sur Freedom Square (place de la liberté), les ruines du vieil Opéra classique construit par E.M Barry rappelle les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

Eglise Notre-Dames-des-Victoires
A droite, Our Lady of Victories, de style baroque, est la plus ancienne église de La Valette ; elle fut édifiée en 1567 pour commémorer la levée du Grand Siège (sa façade fut remaniée au XVIIème siècle).

Eglise Sainte-Catherine d’Italie
En face, à l’angle de South Street et de Merchants Street, St Catherine of Italy est une église à coupole qui fut conçue par Cassar mais reconstruite par la suite.

Auberge de Castille et de Léon
A quelques pas de là, l’auberge de Castille et de Léon, la plus imposante de toutes les auberges, s’insère sur la Castile Place (place de Castille). Ce splendide bâtiment de pierre ocre fut élevé sur des plans de Cassar et modifié au XVIIIème siècle par l’architecte maltais Dominico Cachia pour le grand maître portugais Pinto. Aujourd’hui occupée par les bureaux du Premier ministre, cette élégante construction n’est visible que de l’extérieur.

Les jardins d’Upper Barracca
Au sud-est de la place s’étendent les Upper Barracca Gardens, jardins aménagés au XVIIIème siècle. Arbres et arbustes verdoyants, hibiscus éclatants et statues en font une délicieuse retraite; les chevaliers venaient  y promener et, dit-on, y tramer des complots… Les Maltais, eux, y venaient assister à leurs départs en expédition. Parmi les statues exposées aujourd’hui, vous verrez un groupe d’enfants, les Gavroches, dû au sculpteur maltais Antonio Sciortino; un grand monument dédié à Lord Strickland, Premier ministre de 1927 à 1930 ; un buste de Winston Churchill et le modeste mémorial de Sir Thomas Maitland, « King Tom », l’intransigeant gouverneur de Malte de 1813 à 1824.

Le Grand Port et ses forts
A travers la colonnade, on découvre un panorama étourdissant sur le Grand Harbour: à l’extrême gauche, le fort Ricasoli, qui date du XVIIème siècle; juste en face, à Vittoriosa, le fort St Angelo (Saint-Ange), dont le rôle fut important pendant le Grand Siège; à droite Dockyard Creek, où les chevaliers faisaient réparer leurs vaisseaux.

Customs House

En contrebas des jardins d’Upper Barracca, sur Lascaris Wharf se situe Customs House, l’ancienne douane qui est un charmant édifice de style vénitien.

Parisio Palace
Lorsqu’on revient vers Mercants Street, on découvre sur la droite Parisio Palace, où Bonaparte logea pendant quelques jours en 1798. Le palais, qui abrite aujourd’hui le ministre des Affaires étrangères, est un sobre  bâtiment du XVIIème siècle.

Auberge Sainte Catherine

L’austère auberge Sainte Catherine dans Merchants Street fut construite par Cassar au XVIème siècle et modifiée ultérieurement.

Republic Street
Par Melita Street, dirigez-vous à gauche vers Republic Street. Cette dernière, véritable ruche, est bordée de toutes sortes de boutiques, cafés, et bars en tous genres.

Eglise Sainte Barabara
L’église St.Barbara, située entre South Street et Melita Street, présente un intérieur sobre dont la forme ovale est inhabituelle. Elle fut l’église des chevaliers de la «langue» de Provence (des messes y sont célébrées en français).

Musée National d’Archéologie
A deux pas de là, sur votre gauche en descendant Republic Street, l’auberge de Provence abrite aujourd’hui l’excellent musée national d’Archéologie.

L’auberge, de forme symétrique, commencée en 1571 sur des plans de Girolamo Cassar, présente, en bas, des colonnes doriques, au-dessus, des colonnes ioniques, et, de part et d’autre bâtiment, d’intéressantes moulures d’angle. La façade fut remaniée au XVIIème siècle.

Ce n’est que depuis 1957, année où fut inaugurée le Musée national, que l’on peut voir réunies les collections des XVIIème et XVIIIème siècles répertoriées par Thémistocle Zammit, célèbre érudit maltais.
Il est indispensable de visiter ce musée pour mieux apprécier les sites préhistoriques de Malte. Parmi les admirables objets exposés, notez la célèbre petite Sleeping Woman (femme endormie), qui provient  de Hal Saflieni, et l’énorme Fat Lady appelée aussi «venus de Malte» représentant le bas du corps d’une femme forte, trouvée sur le site de Tarxien.

Sont également exposés des objets qui illustrent toute la préhistoire de Malte; parmi ceux qui appartiennent à la période de Tarxien, les plus intéressants sont sans doute les armes, des graines carbonisées et un curieux disque gravé représentant des taureaux et des chèvres. Quelques vases et coupes ont été reconstitués avec des fragments de céramique remontant aussi à cette période.

Au rez-de-chaussée, vous pourrez observer les crânes des premiers colons maltais de type dolichocéphales (alongé).

A l’étage, le musée abrite quelques objets puniques et  romains dignes d’intérêt, notamment deux coffrets à bijoux et un cippus (borne) portant des inscriptions en phénicien et en grec, qui permirent aux savants de déchiffrer l’alphabet phénicien. Sa réplique fut offerte à Louis XIV et  se trouve aujourd’hui au musée du Louvre. Plusieurs œuvres naguères exposées ici, dont une collection de peintures, ont été transférées au musée des Beaux-Arts.

La place Saint-Jean et sa cathédrale

En quittant le musée, si vous continuez en direction du Fort Saint-Elme, vous parviendrez à St.John Square et à la cathédrale située légèrement en retrait sur la droite. Chaque matin jusqu’à midi, cette place est le siège d’un pittoresque marché.

St. John’s Co-Cathedral (cathédrale Saint-Jean), l’église des chevaliers qui domine la place, fut construite en 1577 sur des plans de Girolamo Cassar. On la considère comme son chef d’œuvre. En 1816, le pape Pie VII l’éleva au rang de cathédrale. Elle porte ce titre de «co-cathédrale» parce qu’elle partage cette dignité avec celle de Mdina.

Financée par le grand maître La Cassière qui, après le Grand Siège, voulut transférer le plus rapidement possible toutes les activités religieuses de Birgu à La Valette, cette église présente une façade plutôt trapue. L’intérieur, cependant, est une étourdissante illustration de l’art baroque.

Walter Scott écrivait qu’il n’avait jamais vu de nef aussi admirable. Celle-ci dotée d’une voûte en berceau, à 20 mètres de haut, près de 58 mètres de long et 35 mètres de large. Au fond, un remarquable maître-autel. La nef est flanquée de chapelles dont la plupart furent construites par les diverses « langues » de l’ordre. Il n’est pas un pouce de cette église qui ne soit sculpté en haut-relief de motifs sacrés, peints de couleurs vives, aussi somptueux que des peintures de Rubens. D’innombrables touches d’or ajoutent à l’effet de magnificence. Le parterre, en marbre polychrome, recouvre les tombes des chevaliers. Il est notamment décoré d’innombrables armoiries et de trophées.

Les chapelles de la cathédrale
Le côté droit de la nef est occupé par les chapelles Saint-Jacques, Saint-Georges, Saint-Sébastien, ainsi que par la chapelle du Saint-Sacrement.

Celle-ci comporte d’extraordinaires grilles et portes en argent massif, qui furent, dit-on, astucieusement dissimulées sous une couche de peinture noire pour les soustraire aux convoitises des Français en 1798. La voûte est décorée de fresques à l’huile dues à un peintre calabrais du XVIIe siècle, Mattia Preti. Elles racontent la vie saint Jean-Baptiste. L’artiste y travailla cinq ans.

Le riche maître-autel dessiné par l’architecte Lorenzo Gafà, présente un ensemble raffiné de marbres, de métal argenté et de lapilazuli. Le groupe sculpté, derrière l’autel illustre le baptême du Christ ; il est l’œuvre de Giuseppe Mazzuoli.

La crypte, à laquelle on accède par la chapelle de Provence, se visite sur demande, elle renferme les tombeaux des douze premiers grands maîtres. En regagnant l’entrée de la cathédrale, vous trouverez sur la droite les chapelles Saint-Charles (ou des Saintes Reliques), Saint-Michel, Saint-Paul, Sainte-Catherine et la chapelle des Rois mages. La plupart renferment des bustes  ou autres monuments en hommage aux grands maîtres  les plus illustres. La sacristie est ornée de peintures de Stefano Pieri, de Preti et d’Antoine de Favray.

Oratoire et musée
On accède à l’oratoire et au musée par une porte à droite en face de l’autel, dans la troisième travée depuis l’entrée. L’élément le plus remarquable de l’oratoire est une peinture monumentale du Caravage, la Décollation de saint Jean-Baptiste. Cette peinture baroque, pleine de mouvement, qui utilise largement les clairs-obscurs, est une œuvre d’un tragique émouvant.

Le musée renferme de splendides tapisseries de Judocus de Vos, que l’on suspend dans la nef de la cathédrale au mois de juin. Ces œuvres à caractère religieux du XVIIe siècle ont été exécutées à partir de cartons de Rubens et de Poussin.

Place du Grand Siège
De retour dans Republic Street, il faut continuer en direction du Fort Saint-Elme pour atteindre Great Siege Square (Place du Grand Siège), où se dresse un grandiose monument de Sciortino qui représente le Courage, la Liberté et la Foi. En face les Law Courts (Palais de Justice) occupent un édifice  néo-classique à colonnade à l’emplacement de l’ancienne auberge d’Auvergne, détruite par un bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale

Place de la République

Republic Square, à deux pas de Republic Street, présente, outre un café en plein air, des boutiques sous arcades.

Bibliothèque nationale

Le National Library est au fond de la place. Jadis Bibliothèque de l’ordre (puis Bibliothèque royale de Malte), elle fut édifiée à la fin du XVIIIème siècle pour abriter les collections des chevaliers. Les archives de l’ordre recèlent des documents du XIIème siècle

Palais des Grands Maîtres
Un peu plus loin, derrière  la statue de la reine Victoria on accède par une voûte à la première cour du Grand Master’s Palace  devenu le siège de la chambre des Représentants.

En 1569, le neveu du grand maître  Del Monte se fit élever en ces lieux une vaste demeure, que le célèbre Girolamo Cassar devait, à la demande des chevaliers, transformer en palais. Certaines parties de l’édifice abritent des musées.

L’enceinte du palais renferme deux cours  ombragées et fraîches, appelées, l’un Neptune Court (cour de Neptune), du nom de la statue qui s’y trouve, l’autre Prince Alfred’s Court (cour du prince Alfred). Cette dernière s’enorgueillit d’une horloge que fit installer le grand maître Pinto da Fonseca (1741-1773).

Pour visiter le palais, il faut prendre l’escalier, dans la cour du prince Alfred. La Council Chamber (salle du Conseil), où se tenaient les séances du Parlement, recèle les splendides tapisseries des Gobelins offertes à l’ordre par le grand maître Ramon Perellos au début du XVIIIème siècle. Ces tentures des Indes, ainsi qu’on les appelle, représentent toutes sortes d’animaux et d’oiseaux réels ou imaginaires.

La plus vaste des pièces est la salle de Saint-Michel et Saint-Georges, ou Throne Room (salle du Trône), dont le plafond à poutres et la frise ont été peints par Matteo Perez d’Aleccio. Des scènes du Grand Siège décorent les murs, et la rambarde sculptée vient du vaisseau sur lequel Villiers de l’Isle-Adam s’enfuit de Rhodes en 1523.

La salle des Ambassadeurs, ou Red Room (chambre rouge), tendue de damas, renferme les portraits de : Louis XIV par De Troy, Louis XV par Van Loo, Catherine II de Russie par Levitsky.

On peut également visiter la State Dining (grande salle à manger), la Yellow State Room (chambre jaune) et le Prince of Wales Corridor (corridor du Prince de Galles).
L’Armurerie, au fond du palais, est réputée pour son étonnante collection de cottes de mailles ; l’armure de cérémonie, incrustée d’or, du grand maître Alof de Wignacourt est particulièrement remarquable. On verra aussi des armes prises aux Turcs, dont l’épée du pirate Dragut

Eglise grecque-catholique
En quittant le palais, par la cour de Neptune, on découvre l’Eglise grecque-catholique, dans Archbishop Street, édifice sans grand intérêt mais qui renferme une icône du XIIème siècle, Our Lady of Damascus (Notre-Dame-de-Damas), que les chevaliers apportèrent au moment de leur installation à Malte en 1530; elle a été habilement restaurée en 1966.

Eglise du Gesù
A quelques pas de là, Gesù Church, construite par les Jésuites entre 1592 et 1600, est richement ornée dans le style baroque italien.

Centre méditerranéen de conférences
Engagez-vous dans Merchants Street pour atteindre le Méditerrannean Conference Centre, qui a ouvert ses portes en 1979. La restauration de cet ancien Hôpital de l’ordre fut réalisée en quelques mois seulement.

Le centre comprend six salles parfaitement équipées ; même la Great Ward (grande salle) de 158 mètres de long a été préservée. C’est là que se tenaient autrefois les malades. La plus spacieuse des pièces, la Republic Room (salle de la République), peut accueillir plus de 1000 personnes

Le Fort Saint Elme
Le Fort St. Elmo, construit en forme d’étoile à l’extrémité de la presqu’île, ne se visite que sur autorisation spéciale du gouvernement. C’est lui qui  fut si vaillamment défendu (et néanmoins perdu) au cours du Grand Siège de 1565. Aujourd’hui, il renferme une intéressante collection de souvenirs de la Seconde Guerre mondiale.